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Histoire

L’histoire de Chevresis-Monceau

Comme pour beaucoup de villages des environs, l’histoire de Chevresis-Monceau est intimement liée à celle de la France. Depuis des millénaires, des hommes se sont installés sur mon terroir. Les nombreuses haches de silex découvertes au hameau de Valécourt l’attestent. Il y a 1600 ans de cela, un quidam "oubliait" 3000 monnaies frappées au sceau de Tétricus, tyran, successeur de Postume et de Victorin, qui avaient tenté, en vain, de faire sécession d’avec l’empire de Rome. Autrefois, le village s’appelait Kièvresis. C’est en tout cas sous ce nom qu’il apparaît sur plusieurs actes des XIII et XIV ° siècles. Il porta ensuite le nom de Chevresis le Meldeux jusqu’en 1819. A cette époque, il est réuni au village de Monceau le Vieil et il prend la dénomination de Chevresis-Monceau. Le nom de Kièvresis semble indiquer que le village s’est formé auprès d’un enclos où l’on faisait paître les chèvres et du mot "aisis" signifiant "petite propriété fermée par une clôture ou enclos. ++++

Au fil des siècles, le nombre d’habitants a varié assez sensiblement ; ainsi de 200 habitants en 1760, on passe à 218 en 1801, 309 en 1818 ; 413 en 1836, 494 en 1856, 503 en 1861, 584 en 1872 et 587 en 1877 date à partir de laquelle le chiffre va aller en se réduisant jusqu’en 1980, date à laquelle, la tendance s’est, semble-t-il, inversée. Chevresis-Monceau est ce qu’il est convenu d’appeler un village rue, en effet, pour l’essentiel, il est construit de chaque côté de la voie principale, dite Rue Frédéric Viefville. Le terroir de Chevresis-Monceau s’étend sur 1654 hectares. Son point culminant est à 120 mètres au dessus du niveau de la mer et son point le plus bas à 65 mètres. Le village est construit à droite de la vallée d’une petite rivière ’Le Péron qui est un affluent de la Serre qui elle se jette dans l’Oise. Chevresis-Monceau se trouve dans la région PICARDIE , et plus exactement dans le département de l’Aisne . Cette très belle région est riche en monuments historiques de toutes sortes et nous vous invitons à les découvrir en visitant le superbe site du département (Vous cliquez un peu plus haut) ... Le climat de Chevresis- Monceau est de type tempéré. ++++

Le premier seigneur de Chevresis dont le nom soit parvenu jusqu’à nous est celui de Guy de Chevresis. Il vécut au milieu du XII- siècle, vers 1157. Au nombre de ses successeurs, il y eut Evrard ou Wis de Chevre- sis, sire de Loisy (1182-1192). En 1208, le seigneur de Chevresis s’appelait Gérard, dit Ravars. En 1261, Chevresis avait pour seigneur Ymbert fils du précédent. Son fils, Gérard II était seigneur de Chevresis et de La Vieuville. Son fils Jean de Chevresis lui succéda. En 1339, on trouve le nom de Pierre de Chevresis comme seigneur du Pays. C’est vers cette époque que survint un terrible fléau. La peste noire ainsi appelée à cause des tâches dont elle couvrait le corps ravagea les environs de Ribemont ainsi que diverses contrées de la Thiérache . Cette épidémie qui fit mourir "La tierce partie des hommes et des femmes de l’Europe" d’après un chroniqueur de l’époque dura plusieurs années (1346-1353). A la peste succéda une famine si horrible qu’on se vit contraint de manger l’herbe, les racines et même l’écorce des arbres. A ces calamités vinrent se joindre les scènes odieuses de discorde et de désordre civil. En 1358 éclata la Jacquerie ou révolte des Jacques (Paysans). Chevresis ne fut pas épargné pendant les guerres des XVI et XVII° siècles. A la fin du XV° siècle, Chevresis passe aux mains des seigneurs de Monceau le Vieil. Après l’assassinat de Henri III en 1589, la France fut de nouveau livrée à toutes les horreurs de la guerre civile et étrangère. C’est sans doute à cette époque que les habitants du village construisirent sur les bords du Péron, dans le marais un petit fort dont on voit encore les fossés et qui était destiné à servir de refuge dans les moments de danger. L’emplacement de ce lieu de refuge est toujours indiqué sur le plan cadastral et s’appelle "le Fort" En 1636, ce furent les Espagnols qui envahirent notre région semant la terreur partout. 350 années plus tard, des villes comme Aubenton se souviennent encore des atrocités commises par des soudards ivres de sang et de violence. Cette période fut l’une des plus sombre de notre histoire. Selon un témoin de l’époque, il y eu tant de massacres que les curés devaient se retirer dans les villes faute de paroissiens En 1789, Chevresis le Meldeux fut rattaché au canton de Ribemont . ++++

Après la défaite de Waterloo en 1815, notre région est envahie pour la seconde fois. Si les pillages n’ont pas eu l’ampleur de ceux de 1814, d’autres charges ont pesé sur les malheureuses populations qui furent tenues de fournir la subsistance aux 15 à 20.000 hommes de troupe cantonnés dans les environs de juin à novembre 1815. La période de paix qui suivit fut une époque de prospérité. La culture et le rouissage du lin sont mis en pratique dans la région. En 1838, la municipalité se préoccupe de la construction d’un bâtiment destiné à servir de mairie et d’école. Après réflexion, on décide finalement d’acheter une maison dans la grand rue du village. Le premier instituteur fut monsieur Jean-Baptiste DEFEZ qui instruisait déjà les enfants depuis quelques temps. Simultanément un presbytère fut construit au financement duquel participa à hauteur de 2.000 Francs Monsieur Frédéric VIEFVILLE, notaire à Paris. ++++

Le vendredi 31 mai 1850, un désastre sans précédent vint s’abattre sur Chevresis-Monceau. Presque toutes les maisons du village furent détruites par un formidable incendie qui prit dans la cour du sieur Louis Joseph LEFEVRE, valet de charrue, à côté de l’auberge "Du Chat Blanc". Le feu gagna bientôt la toiture en chaume de l’immeuble et en moins d’une heure, 55 maisons et 83 bâtiments appartenant à 63 propriétaires furent dévorés par les flammes. Tous les habitants du village, ainsi que les pompiers des environs rivalisèrent de zèle pour arrêter la marche du feu, mais tous les efforts furent vains. Un vent violent emportait au loin les braises qui enflammaient les toits de chaume. La mairie , l’école et tout le mobilier que contenaient ces bâtiments furent anéantis. Monsieur DEFEZ, instituteur, fit à cette occasion preuve d’un grand courage et on lui doit d’avoir sauvé les papiers et les titres les plus importants de la mairie, en particulier les registres de l’Etat-Civil qui remontent à 1680. C’est à la suite de cette catastrophe que Monsieur Frédéric VIEFVILLE manifesta pour la seconde fois son attachement à sa commune natale en faisant construire à ses frais une nouvelle école qui fut confiée aux soeurs de Saint Vincent de Paul. Cette construction fut inau¬gurée le 13 novembre 1864. ++++

En 1865, Monsieur Frédéric VIEFVILLE céda à la commune la nouvelle mairie qu’il venait de faire construire. Elle existe toujours aujourd’hui. En 1866, la commune se décida à acquérir une pompe à incendie, ce qui parait être une sage précaution l. En 1858, le conseil municipal décida de procéder à la construction d’une nouvelle église. Les travaux débutèrent en 1860 et la consécra¬tion eut lieu en 1862. En 1865, Napléon III fit don à l’église d’un magnifique tableau. En 1867, un grand mouvement d’affaires était né à Chevresis- Monceau par suite de la mise en place d’une nouvelle sucrerie. La maison de retraite fut l’oeuvre majeure de Monsieur Frédéric VIEFVILLE. Elle a été la réalisation d’un dessein qu’il avait conçu depuis près de 10 années et l’accomplissement d’un voeu. Cette vaste construction était destinée à accueillir des hommes et des femmes âgées ou infirmes. Monsieur VIEFVILLE avait prévu tous les frais d’installation des retraités et surtout l’achat du mobilier indispensable à la bonne tenue de l’établissement. Il n’eut malheureusement pas l’occasion de voir son oeuvre majeure achevée. La mort l’emporta le 21 mai 1869 alors que les fondations sortaient à peine de terre. En 1870, la guerre mit un terme aux travaux. Ce n’est qu’en 1874 qu’un décret signé par le maréchal de Mac-Mahon, président de la république autorisa la création à Chevresis-Monceau d’un hospice destiné à recevoir les vieillards ou infirmes du canton de Ribemont. Ce grand homme présente bien des points communs avec l’un de ses contemporain, Jean-Baptiste GODIN qui, à environ 30 kilomètres de Chevresis-Monceau, fit construire, à Guise, son fameux familistère. La première guerre mondiale porta un coup terrible à la commune et nombre de ses enfants furent les victimes de cet odieux conflit.

Février 1998 : Le conseil municipal prend une décision historique : Chevresis-Monceau sera la première commune du département sur Internet ...

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